Le Grand Prix du Mexique est terminé, mais la guerre des mots continue chez Ferrari ! Lewis Hamilton estime que Charles Leclerc se montre plus agressif face à lui que contre les pilotes adverses. À l'approche du Grand Prix de São Paulo, le Britannique réclame des explications et refuse de revenir sur ses déclarations. Ambiance électrique chez les Rouges !
Le Grand Prix du Mexique est derrière nous, mais les tensions entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc sont loin d'être apaisées. À São Paulo, le septuple champion du monde a remis une pièce dans la machine en accusant son coéquipier de se montrer plus agressif contre lui que face à certains adversaires. Et cette fois, le Britannique ne compte ni s'excuser ni se taire.
Mexico : une victoire envolée, des tensions bien réelles
Tout avait pourtant commencé de manière idéale pour Ferrari.
Au Mexique, la Scuderia disposait d'une monoplace capable de jouer la victoire, et Lewis Hamilton avait signé sa première pole position sous les couleurs de Maranello.
Mais dès le premier tour, les deux Ferrari se sont retrouvées au cœur d'une bataille particulièrement musclée.
Au quatrième virage, Hamilton et Leclerc sont sortis de la piste après leur affrontement, permettant à Max Verstappen de profiter de la situation.
Leclerc a ensuite écopé d'une pénalité de cinq secondes pour avoir conservé un avantage après être sorti des limites de la piste.
Pour Hamilton, cet épisode a privé Ferrari d'un doublé qui semblait à sa portée.
Et visiblement, plusieurs jours après les faits, la pilule ne passe toujours pas.
Chez Ferrari, les moteurs ont refroidi depuis Mexico. Les esprits, beaucoup moins !
Hamilton estime que Leclerc choisit ses adversaires
Interrogé avant le Grand Prix de São Paulo, Lewis Hamilton a confirmé partager l'impression selon laquelle Charles Leclerc se montrerait plus agressif face à ses coéquipiers que contre certains pilotes rivaux.
Pour étayer son analyse, le Britannique est revenu sur le départ du Grand Prix de Singapour.
Selon lui, Leclerc aurait disposé d'une occasion de prendre l'avantage sur Max Verstappen, avant de lever le pied.
Hamilton estime avoir observé des comportements différents lorsque le Monégasque affrontait Sebastian Vettel ou Carlos Sainz, ses précédents coéquipiers chez Ferrari.
L'accusation est lourde.
Car derrière cette critique se pose une véritable question : Leclerc adapte-t-il son agressivité en fonction de l'adversaire qui se trouve à ses côtés ?
Hamilton semble convaincu que oui.
Mais il convient de distinguer cette interprétation des faits établis. Chaque duel possède son contexte, ses contraintes et ses risques.
Un dépassement ne se juge pas uniquement à l'identité du pilote qui se trouve dans l'autre cockpit.
« Je ne me laisserai pas réduire au silence »
Lewis Hamilton n'a pas seulement maintenu ses critiques envers Leclerc.
Il a également répondu à ceux qui lui reprochent ses déclarations particulièrement virulentes après le Grand Prix du Mexique.
Le Britannique assume ses réactions à chaud et refuse l'idée selon laquelle ses propos auraient été calculés pour exercer une pression médiatique sur son coéquipier.
Il rappelle qu'au volant d'une Formule 1, à plus de 300 km/h, les réactions sont souvent instinctives et les émotions particulièrement intenses.
Et lorsqu'on lui demande s'il regrette ses prises de position, le message est sans ambiguïté.
« Je ne me laisserai pas réduire au silence. »
Hamilton précise toutefois que Ferrari ne lui a jamais demandé de se taire.
Une nuance importante, alors que ses propos pourraient laisser penser à l'existence d'une volonté de censure au sein de l'écurie.
Le Britannique revendique simplement son droit à exprimer sa frustration.
Et visiblement, il n'a pas l'intention de modifier sa personnalité pour éviter les polémiques.
Ferrari doit-elle instaurer des règles entre ses pilotes ?
Au-delà des accusations personnelles, Hamilton soulève une question qui mérite d'être prise au sérieux.
Quelles limites Ferrari doit-elle imposer aux affrontements entre ses deux pilotes ?
Dans une écurie qui lutte pour des victoires et des points précieux au championnat, les batailles internes peuvent rapidement devenir contre-productives.
Hamilton réclame donc une clarification des règles d'engagement.
Il ne demande pas nécessairement que Leclerc s'efface devant lui.
Il souhaite surtout que les deux pilotes puissent se battre sans compromettre les intérêts de Ferrari.
Le problème est que cette discussion n'a toujours pas eu lieu de manière approfondie.
Frédéric Vasseur s'est entretenu séparément avec les deux hommes après Mexico, mais une véritable mise au point collective reste nécessaire.
Car une chose est certaine : Ferrari peut se permettre deux pilotes rapides. Elle peut beaucoup moins se permettre deux stratégies contradictoires dans le même virage.
Vasseur face à un problème de management
Pour Frédéric Vasseur, la situation devient délicate.
Le directeur de Ferrari doit gérer deux pilotes ambitieux, expérimentés et convaincus de pouvoir mener la Scuderia vers la victoire.
Hamilton possède sept titres mondiaux et n'a évidemment pas rejoint Ferrari pour jouer les figurants.
De son côté, Leclerc connaît parfaitement l'équipe et n'entend pas abandonner son statut de référence sans se battre.
Leurs ambitions sont légitimes.
Mais leur rivalité commence à poser une question plus profonde concernant l'organisation de Ferrari.
Comment garantir une liberté de compétition tout en évitant que les deux monoplaces ne se pénalisent mutuellement ?
Vasseur avait déjà exprimé sa frustration après Mexico en rappelant que les pilotes représentent également les milliers de salariés qui travaillent pour l'écurie.
Il n'avait toutefois pas désigné Leclerc comme unique responsable de l'incident.
Une position compréhensible pour un directeur d'équipe qui doit éviter de transformer un désaccord sportif en conflit durable.
Leclerc n'a pas encore véritablement répondu
Un élément mérite également d'être souligné.
Charles Leclerc n'a pas encore eu l'occasion de discuter longuement avec Hamilton depuis leur confrontation au Mexique.
Le Monégasque a passé du temps auprès de sa famille après la naissance de sa fille, ce qui a notamment retardé son arrivée au Brésil.
Il serait donc prématuré de considérer que Ferrari se trouve face à une rupture définitive entre ses deux pilotes.
Leclerc avait déjà présenté sa propre lecture des événements mexicains, sans partager entièrement l'analyse de son coéquipier.
Et c'est précisément ce dialogue qui manque aujourd'hui.
Car à force de multiplier les déclarations devant les médias, Ferrari risque de donner l'impression que ses problèmes internes se règlent davantage en conférence de presse que dans le bureau de son directeur.
Le regard de Freinage Tardif : Hamilton a-t-il raison de s'en prendre à Leclerc ?
Chez Freinage Tardif, nous comprenons la frustration de Lewis Hamilton.
Lorsqu'une équipe possède une monoplace capable de gagner et voit une occasion lui échapper à cause d'une bataille interne, il est logique que des questions soient posées.
Hamilton a également raison sur un point essentiel : les intérêts collectifs doivent rester au centre des décisions.
Mais nous pensons qu'il faut faire attention à ne pas transformer chaque duel entre coéquipiers en accusation personnelle.
Charles Leclerc est un compétiteur.
Lewis Hamilton également.
Et Ferrari les a recrutés précisément parce qu'ils possèdent cette volonté de gagner.
Le véritable problème n'est donc pas forcément leur agressivité.
C'est l'absence d'un cadre suffisamment clair pour éviter que cette agressivité ne se retourne contre Ferrari.
À nos yeux, Frédéric Vasseur doit désormais reprendre la main.
Pas pour désigner publiquement un coupable, ni pour imposer artificiellement une hiérarchie, mais pour établir des règles comprises et acceptées par les deux pilotes.
Car la Scuderia ne pourra pas prétendre se battre régulièrement pour des victoires si chaque départ de Grand Prix devient une négociation entre ses propres voitures.
Ferrari possède deux champions dans l'âme. Encore faut-il éviter qu'à force de vouloir gagner l'un contre l'autre, ils finissent par faire gagner tout le monde… sauf Ferrari !
À São Paulo, tous les regards seront donc tournés vers les deux monoplaces rouges.
Pas uniquement pour mesurer leur vitesse.
Mais pour découvrir si Hamilton et Leclerc peuvent enfin regarder dans la même direction.
FT | Freinage Tardif
L'actu sport-moteur sans filtre