Deux titres mondiaux, des années de succès et aujourd'hui une séparation douloureuse. Après un nouveau calvaire à Sepang, Francesco Bagnaia ne cache plus son impatience de quitter Ducati. Comment en est-on arrivé là ?
Il fut un temps où Francesco Bagnaia et Ducati semblaient faits l'un pour l'autre. Deux titres mondiaux, des victoires à répétition et une domination qui avait replacé le constructeur italien au sommet du MotoGP. Mais aujourd'hui, cette belle histoire ressemble davantage à une séparation interminable.
À trois Grands Prix de la fin de la saison 2026, Pecco Bagnaia ne cherche même plus à masquer sa lassitude. Le pilote italien compte les jours avant de tourner définitivement la page Ducati.
Sepang, le circuit qui devait tout changer
Le Grand Prix de Malaisie représentait pourtant une véritable occasion de retrouver des sensations.
Sur un tracé où il s'était régulièrement illustré, Bagnaia espérait renouer avec une Ducati compétitive. Mais le week-end a rapidement pris une tournure bien différente.
Dixième sur la grille de départ, l'Italien n'a jamais trouvé le rythme nécessaire pour jouer les premiers rôles. Il a finalement terminé treizième, après avoir même quitté provisoirement la zone des points.
Un résultat particulièrement douloureux sur un circuit qui lui avait si souvent réussi.
Mais au-delà du classement, c'est surtout le discours du pilote qui interpelle.
« Survivre » : un seul mot qui résume tout
Interrogé sur ses attentes pour les trois derniers rendez-vous de la saison, Bagnaia a livré une réponse aussi courte que révélatrice :
« Survivre. »
Un mot qui en dit long sur son état d'esprit.
Lorsqu'on lui demande s'il compte les jours avant la fin de son aventure chez Ducati, l'Italien reconnaît que cette impatience ne date pas d'hier.
Difficile d'imaginer contraste plus saisissant avec le pilote qui, quelques saisons auparavant, incarnait la réussite du projet Ducati.
Une GP26 qu'il ne parvient plus à comprendre
Au cœur de cette désillusion se trouve une relation technique devenue particulièrement compliquée entre Bagnaia et sa machine.
Depuis de nombreux mois, l'Italien peine à retrouver la confiance nécessaire pour exploiter pleinement sa Desmosedici.
À Sepang, le manque d'adhérence et l'usure du pneu arrière ont une nouvelle fois compromis sa course.
Bagnaia estime notamment ne plus disposer de certaines solutions techniques qui lui avaient permis de retrouver de meilleures sensations par le passé.
Le constat est préoccupant : malgré les efforts entrepris, aucune solution durable ne semble se dessiner.
Et lorsqu'un double champion du monde commence à redouter les derniers Grands Prix plutôt qu'à les attendre avec impatience, c'est que le problème dépasse largement une simple contre-performance.
Ducati et Bagnaia : une séparation qui laissera des traces
Il ne faudrait pourtant pas que cette fin de parcours efface tout ce que les deux parties ont construit ensemble.
Bagnaia a offert à Ducati les titres mondiaux pilotes de 2022 et 2023, mettant fin à quinze années d'attente pour la marque italienne.
Son histoire avec le constructeur de Borgo Panigale restera l'une des collaborations les plus marquantes de l'ère moderne du MotoGP.
Mais le sport mécanique possède cette cruauté particulière : les succès d'hier ne garantissent jamais les sensations de demain.
Ducati poursuivra sa route. Bagnaia entamera une nouvelle aventure chez Aprilia en 2027.
Et chacun devra désormais prouver qu'il peut réussir sans l'autre.
Aprilia, l'espoir d'un nouveau départ
Pour Bagnaia, changer de constructeur représentera bien davantage qu'un simple transfert.
Il s'agira de retrouver une moto avec laquelle il pourra piloter naturellement, reprendre confiance et démontrer que son talent n'a pas disparu.
Car un pilote qui a remporté deux championnats du monde ne perd pas soudainement tout son savoir-faire.
Reste à savoir si Aprilia saura lui offrir l'environnement technique qui lui manque aujourd'hui.
Une chose est certaine : les retrouvailles entre Bagnaia et Ducati, cette fois en adversaires, promettent déjà quelques étincelles.
Le regard de Freinage Tardif
Il y a quelque chose de triste à voir un champion attendre la fin d'une saison avec autant d'impatience.
Bagnaia et Ducati ont écrit ensemble quelques-unes des plus belles pages du MotoGP récent. Mais leur dernier chapitre semble désormais se rédiger dans la frustration.
Et chez Freinage Tardif, une question nous interpelle : comment un pilote capable de dominer le championnat avec cette même marque peut-il en arriver à simplement vouloir terminer ses courses ?
Pecco n'a pas oublié comment gagner. Mais aujourd'hui, il semble surtout avoir oublié ce que signifie prendre du plaisir au guidon de sa Ducati.
FT | Freinage Tardif
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